Ce site existe pour raconter l’histoire d’un diabétique insulino-dépendant qui a bénéficié d’une double transplantation rein-pancréas.
Mais… commençons par le
commencement !
Diabétique depuis l’âge de 25 ans
et ce, pendant 25 ans à quelques mois près,
mon diabète a été découvert en 1975
au cours d’une banale visite médicale du travail.
J’avais un taux de diabète à
faire pâlir le meilleur des diabétologues (6 gr 10).
J’ai été hospitalisé dans
la journée même et là, il n’y a pas eu à discuter pour savoir si je voulais oui
ou non avoir des injections d’insuline.
A l’époque, mon beau-frère
diabétique (qui l’est toujours d’ailleurs) était traité par comprimés
(diamicron)
et je pensais être soigné de la même manière. Il n’en était pas
question, vu mon taux trop élevé.
J’ai donc eu droit illico presto aux
injections, avec hospitalisation de 2 semaines et demie,
jusqu’à ce que mon taux
de glycémie se stabilise aux alentours de 1 gr.
Je suis sorti de l’hôpitalaprès
avoir reçu tout un tas de recommandations quant au traitement par injections
d’insuline,
ainsi qu’un régime alimentaire établi par une
diététicienne.
Je devais me faire suivre par un
médecin en ville,
ce que j’ai fait au début, pour avoir bonne conscience je
pense.
Puis les visites se sont espacées, n’y allant plus que pour faire le
plein de flacons d’insuline.
De toute façon, je ne voulais pas prendre
conscience de cette maladie qui m’empêchait de faire ce que je
voulais.
Comme je me soignais très
aléatoirement, très rapidement j’ai été de nouveau hospitalisé pour un premier
rééquilibrage du diabète
et il y en eu beaucoup d’autres dans les dix premières
années.
Au début, je n’avais qu’une
injection d’insuline par jour, avec une seringue en verre qu’il fallait faire
bouillir après chaque utilisation (j’en ai gardé une en souvenir).
Ce système a
duré environ 4 à 5 ans.Puis, on a eu droit aux première
seringues à usage unique beaucoup plus pratiques.
Cela ne m’empêchait pas
d‘avoir un diabète très mal équilibré.Ce n’est qu’au bout d’une dizaine
d’années que j’ai commencé à me soigner,
à prendre ma maladie en compte et à
faire le traitement réellement.
Ce que j’ai oublié de dire, c’est
que, parti d’une injection par jour, au bout de ces dix années,
j’étais arrivé à
deux voire trois par jour. On était donc en 1985.Dans les années qui ont suivi,
les
gros problèmes sont arrivés, en commençant par une baisse de la vue,
assez forte
pour nécessiter des lunettes que je porte toujours malgré une amélioration de un
dixième par œil au dernier contrôle du 30 janvier 2003.
J’ai aussi perdu mes
dents qui tombaient toutes seules par déchaussement; je porte donc un appareil
dentaire depuis l’âge de 35 ans.
Tous mes
problèmes ont continué jusqu’à l’année 2000. Il m’est arrivé un tas de choses,
entre autres des complications suite à un accident du travail:
j’avais reçu sur
le pied gauche un contre-poids de vanne hydraulique de 490
kilos.
Là encore, on m’a envoyé à
l’hôpital de Rouen puisque c’était le plus proche de mon lieu de travail:
j’avais les petits os broyés,
le pied complètement écrasé, ouvert depuis 3
centimètres au-dessous de la cheville jusqu’au niveau du gros orteil.
Aux urgences, on m’a, bien sûr,
nettoyé la plaie et, devant l’ampleur des dégâts, j’ai été transféré en
chirurgie (mais, avant tout cela,
j’ai attendu 4 heures sur un brancard dans un
couloir, si mon père était encore de ce monde, il pourrait certifier mes
dires).
On m'a opéré dans la nuit pour essayer de réparer ce qui pouvait encore
l’être.
Aux soins du lendemain, j’ai pu apercevoir que j’étais recousu sur
environ 15 centimères: pas beau à voir !!!
Le lendemain des premiers soins,
les fils ont commencé à lâcher les uns après les autres,
donc " re-couture" !!!
et "re-cassés" trois ou quatre fois à la suite.
Après cette quatrième fois, il a
été décidé de tenter une greffe de peau.
Imaginez une greffe de peau sur une
personne diabétique insulino-dépendante !!!!!!!
Puis, mes problèmes ont continué
par un mauvais fonctionnement de mes reins qui "partaient en vrac".
Ce qui
n’arrangeait pas la greffe de peau très longue: un mois et demi d’hôpital, au
lit sans marcher ou très peu.
Après l’hôpital, quarante séances de
rééducation. Tout cela pour dire qu’avec du diabète, il faut éviter à tout prix
de se blesser et rester très vigilant.
Bien sûr, à chaque fois, j’étais
obligé de changer de travail. Mais bientôt d’autres ennuis se profilèrent à
l’horizon.
J’ai commencé à faire des comas hypoglycémiques. Il faut dire
qu’entre deux, il s’était produit l’inverse: au lieu d’avoir un diabète qui
était trop haut,
il était devenu trop bas, d’où les hypoglycémies et les comas à
répétition.J’ai dû en faire une bonne
quarantaine jusqu'à l’année 2000.
A chaque fois, j’étais hospitalisé quelques
jours.
Mais le dernier coma a failli m’être fatal puisque j’ai fait sur
l’autoroute deux tonneaux : je m’en suis sorti sans une égratignure
et n’ai
occasionné aucun dégât sur les véhicules qui me suivaient ni sur ceux que je
doublais.
C’est à partir de ce moment que je
me suis décidé à prendre rendez-vous avec ma néphrologue pour cette double
transplantation.
(La suite dans la greffe et ses effets)
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